Fatiha Zemmouri https://fatihazemmouri.com/?lang=fr artist Wed, 06 Apr 2022 10:32:48 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=6.0.11 https://fatihazemmouri.com/wp-content/uploads/2021/09/favicon-fatiha-zemmouri--150x150.jpg Fatiha Zemmouri https://fatihazemmouri.com/?lang=fr 32 32 « Habiter la terre » https://fatihazemmouri.com/oeuvres/habiter-la-terre/?lang=fr Mon, 21 Mar 2022 09:15:18 +0000 https://fatihazemmouri.com/?p=1212

« Habiter la terre »

Comptoir des Mines Galerie, Marrakech, 2022

« Habiter la terre »

Youssef Wahboun


(…) La démarche de Fatiha Zemmouri est fondée sur une correspondance indéfectible entre la pensée et l’habilité technique mais ne sacrifie pas les vertus cathartiques de l’art, l’aptitude de l’acte créateur à figurer les agitations de l’âme dans le matériau le plus indocile. C’est à la lumière de cette approche lyrique de la matière que se donne à lire, à la galerie Le Comptoir des Mines, l’exposition « Habiter la terre », une série de supports en bois couverts de terre, la terre de Tahannaout où l’artiste vit et travaille depuis cinq ans. L’artiste ne contesterait pas qu’on voie dans cet intérêt pour la terre une alerte au mal de la planète ou l’indexation d’une responsabilité universelle, mais c’est d’abord une émotion tout individuelle qui donne le départ au projet : « Mon intention est de partager ma contemplation de la terre ». Autant dire donner à l’appréciation l’univers de formes et de volumes que l’étendue permanente suggère à son imaginaire.

Le processus qui sous-tend cette nouvelle aventure renseigne sur la délectation de l’artiste. Des parcelles de terre sont introduites à l’atelier, épurées à volonté, mélangées aux liquides nécessaires à leur manipulation comme à leur vie future, puis étalées sur des supports en bois aux bordures imperméables. La délectation se traduit aussi dans les nouveaux gestes qu’inspire ce dialogue avec la glaise une fois la surface plastique apprêtée. Dans les séries antérieures, il est question de brûler, briser, froisser, effilocher, planter, suspendre… Des gestes où la désolation l’emporte sur le bien-être.

Le traitement de la terre ramène à la sérénité d’un dessin régulier, cinétique, persévérant, qui se développe en de larges zones géométriques convoquant des dédoublements et des agencements symétriques. Le contact de la main avec la terre s’en trouve à mi-chemin entre celui du sculpteur et celui du graveur. Des reliefs s’organisent en sillons dont la lumière révèle l’ordonnancement impeccable. Ils avancent en ensembles de stries qui se courbent et s’interrompent pour occasionner des ondes déviées, des rotations inachevées.

Dans certaines pièces, cette floraison de routes parallèles donne l’impression d’architectures urbaines vues à une certaine altitude. Cette fois le concours de l’accident est obtenu des craquelures que subit la terre séchée et qui étalent leur propre trame sous les compositions réalisées par la main. Quant à la couleur, elle ne se contente pas de celle de la terre. Souvent un ton voisin heurte la monochromie du support pour, sans prétendre au contraste, restituer au fond sa fonction de faire-valoir. On parle souvent de poésie devant les œuvres de l’artiste.

Dans ce regard porté sur la terre, le poème consiste en de savantes combinaisons architectoniques, la flamme intérieure cède à une versification à l’harmonie scrupuleuse. Les amateurs seraient aussi admiratifs de la polysémie du titre : « Habiter la terre », le globe comme la vie terrestre et, en guise d’hommage personnel, la terre de Tahannaout qui, symboliquement, s’arrache à son espace naturel pour s’attribuer un nouveau destin. Mise ainsi à l’abri de toute agression, elle survivra au plus assidu de ses spectateurs.

Extrait du texte « Leçon de maîtrise » paru dans le catalogue de l’exposition « Habiter la terre »,
Comptoir des Mines Galerie, Marrakech, 2022

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Solo Show – Comptoir des Mines Galerie, Mars 2022 https://fatihazemmouri.com/actus/solo-show-comptoir-des-mines-galerie-march-2022/?lang=fr Fri, 25 Feb 2022 17:20:02 +0000 https://fatihazemmouri.com/non-classifiee/solo-show-comptoir-des-mines-galerie-march-2022/

Solo Show – Comptoir des Mines Galerie, Mars 2022

Exposition personnelle
Du 4 mars au 23 avril 2022

à Comptoir des Mines Galerie
Espace Hangar
62 rue de Yougoslavie
Marrakech, Maroc

Fatiha Zemmouri "Habiter La Terre", Comptoir des Mines Galerie, Marrakech, 2022
Fatiha Zemmouri "Habiter La Terre", Comptoir des Mines Galerie, Marrakech, 2022

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Art Dubaï 2022 https://fatihazemmouri.com/actus/art-dubai-2022/?lang=fr Fri, 21 Jan 2022 09:34:00 +0000 https://fatihazemmouri.com/?p=1321

Art Dubaï 2022

avec Comptoir des Mines Galerie
du 11 au 13/03/2022
BOOTH D-2

CM Galerie présente le projet “FOR BREAD ALONE” A dialog with the novel of Mohamed Choukri.

« Roots », 2022 Terre crue et pigments sur panneau en bois 130/170 cm
ART DUBAI 2022, Fatiha Zemmouri
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The Sowers – Fondation Thalie https://fatihazemmouri.com/actus/the-sowers-fondation-thalie/?lang=fr https://fatihazemmouri.com/actus/the-sowers-fondation-thalie/?lang=fr#respond Wed, 15 Sep 2021 10:53:08 +0000 https://fatihazemmouri.com/?p=1017

The Sowers – Fondation Thalie

THE SOWERS LES SEMEURS
– Fondation Thalie, Bruxelles

Commissariat : Anissa Touati et Nathalie Guiot
Exposition du 09 septembre au 21 novembre 2021

Fondation Thalie
15 rue Buchholtz
1050 Bruxelles – Belgique
https://www.fondationthalie.org

Fatiha Zemmouri présente « la série Landscape qui semble être découpée dans un sol labouré symbole de renouveau, germe de tous les possibles. Elle est présentée à la verticale donnant tout de suite à ces morceaux de terre une valeur esthétique particulière et ce lien physique que l’on peut avoir avec la sculpture. »

Vidéo de Fatiha Zemmouri,
en collaboration avec
Sophie Delvallée
– 2021

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https://fatihazemmouri.com/actus/the-sowers-fondation-thalie/feed/?lang=fr 0
Art Dubaï 2021 https://fatihazemmouri.com/actus/art-dubai-2021/?lang=fr Mon, 14 Jun 2021 17:22:52 +0000 https://fatihazemmouri.com/?p=685

Art Dubaï 2021

avec Comptoir des Mines Galerie
du 29/03/2021 au 06/04/2021

Dubaï International Financial Centre, United Arab Emirates

Home

« Landscape », technique mixte, 2020

La Galerie Comptoir des Mines présente la série « Landscape » de Fatiha Zemmouri dans le cadre de Art Dubaï 2021.

Fatiha Zemmouri, MRAC Occitanie "Distance Ardente"
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Bernard Collet « Fatiha Zemmouri » https://fatihazemmouri.com/textes/bernard-collet-fatiha-zemmouri/?lang=fr Fri, 30 Apr 2021 13:35:25 +0000 https://fatihazemmouri.com/?p=368

Fatiha Zemmouri

Bernard Collet

 

Tension du geste, tension des matières entre-elles, c’est bien là ce qui caractérise le travail de Fatiha Zemmouri. Matières à poésie, matières mémoire, architextures, comme elle les définit, toutes sont prétexte à évoquer la puissance des matériaux à se transformer…

Du noir ou du blanc. De la présence détruite, brûlée des bois calcinés, des charbons éteints, ou l’absence et la pureté de céramiques blanches. De la matité de certains aplats de peinture noire à la survenance de scintillements et de brillances aux arêtes de bois brûlés, tout fait symbole, spiritualité presque ésotérique, dans cette recherche constante d’un renouvellement et d’une transformation au delà des déchirures, des plaies, des béances de la matière, d’une métamorphose possible. Tout est symbole dans cette alchimie subtile qui se joue au cœur même de la matière après les embrasements, les fusions, les concrétions de cendres, tout ce noir avant la lumière, avant ces blancs opalescents, fragiles et lunaires. Pas de couleur. Le rouge peut-être, celui du feu. Mais le noir surtout et le blanc. Partout, la matière noire dans sa complexité.

On se souvient du minimalisme de ses cartons empilés dont les épaisseurs étaient comme contenues sous le poids de galets, travail de tension qui, venu de la sculpture, interrogeait les rapports entre la dureté et la fragilité des matériaux. Des tableaux en volume qui ne voulaient pas abandonner pour autant la planéité d’une surface comme si l’enjeu était toujours de ne pas sortir du champ de la peinture. Fatiha Zemmouri poursuit encore aujourd’hui ce même travail sur panneau, surface plane où elle vient inclure ses matériaux de prédilection, inciser des manques, de profondes entailles, des crevasses qui pourraient nous faire entendre un cri mais qui apparaissent bien plus comme les premières étapes d’un déchirement ou d’une crémation qui laisserait la surface ne nous apparaître bientôt que dans la simple expression de sa trame. J’en veux pour preuve ses travaux sur tissus qui entament cette transformation de la perte, devenant simples gazes trouées de manques, d’accrocs et d’effilochements au bord de la déliquescence. On pourrait croire que les parties calcinées du tableau sont figées, que les bois craquelés par le feu ont été sauvés des cendres par l’eau, que le reste de la surface est intact, il n’en est rien, tout cela n’est qu’illusion, le travail est en cours, la métamorphose avance, inéluctable. Un processus est en marche, dont on peut, bien sûr, envisager le parallèle avec la quête de l’artiste, car c’est bien là ce qui constitue la part métaphorique de son travail.
Avec cette dimension essentielle qui consiste à ne pas intervenir pour introduire la couleur, en effet elle s’introduit d’elle même, noire ou blanche selon les matériaux employés, et à ne pas décider de la forme puisque c’est le feu qui en est le véritable sculpteur. On pense aussi à ses réalisations en céramique, si fragiles, si transparentes et qui pourtant ne parviennent pas à faire oublier les 1000 degrés qui les ont façonnées, ce feu qui leur a donné consistance et les a fait se tordre, est à l’origine de leur forme même.

Du noir dont il ne faudrait pas oublier, comme pour l’outre-noir de Soulages, l’incomparable connivence avec la lumière, le jeu entre matité et brillance, ce dialogue qui introduit le volume et fait sens. Accueillir la lumière dans la matière, voilà l’enjeu. Se souvenir aussi que ces matières étaient devenues, à incandescence, de la lumière pure, qu’il y demeure encore une lumière résiduelle que Fatiha Zemmouri fait en sorte de nous rendre visible. Nuit noire, un noir qui contient en lui la promesse de l’aube.

Du blanc, aussi, dans d’autres œuvres où la lumière crée le volume et sculpte la matière. Des fragilités réparatrices sur des failles sont avant tout des pièges tendus à la lumière. Des interventions contendantes sur des surfaces monochromes, des trames mises à nu, mais c’est la lumière qui crée des formes, introduit des zones d’ombre et de noir. Peindre avec cela, la déconstruction de la matière et cette absence de couleur, et faire que se créent d’elles-mêmes des harmoniques de noir et de blanc, des dégradés de gris. Avec des blancs strates de mémoire d’une souffrance qui ne porte pas de nom et qu’il convient d’apaiser, de rendre supportable.

Dans une abstraction qui porte en elle la mémoire du monochrome, fut-il noir ou blanc, Fatiha Zemmouri s’attache, comme dans une quête de spiritualité, à explorer la puissance métaphorique des matériaux comme une ressource de vie, nous montrant des images qui immanquablement nous ramènent à notre être profond. Les crevasses, la combustion, la lacération, la suture, la brûlure, autant d’images de la blessure et de la mutation autant physiques que morales qui ne peuvent nous laisser indifférents. Nous y percevons ce silence dans lequel, au travers de la matière, c’est toujours le corps qui parle.

Bernard Collet

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Distance ardente – MRAC Occitanie https://fatihazemmouri.com/actus/distance-ardente-mrac-occitanie/?lang=fr Fri, 30 Apr 2021 08:23:48 +0000 https://fatihazemmouri.com/?p=333

Distance ardente – MRAC Occitanie

DISTANCE ARDENTE, MRAC Occitanie
Commissariat : Hicham Daoudi
Exposition du 07 novembre 2020 au 09 mai 2021

Musée régional d’art contemporain Occitanie / Pyrénées-Méditerranée
146 avenue de la plage, Sérignan

Réparer le monde, installation

« Au Mrac Occitanie, Fatiha Zemmouri reproduit un « morceau » du désert, des dunes de sable immaculé, représentant l’ordre et la perfection d’un espace qui résiste à l’emprise de la modernité, où le vent efface en permanence les traces et les trajectoires des civilisations. »

Fatiha Zemmouri, MRAC Occitanie "Distance Ardente"
Réparer le monde
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Zone franche – Institut des Cultures d’Islam https://fatihazemmouri.com/actus/zone-franche-institut-des-cultures-dislam/?lang=fr Tue, 30 Mar 2021 08:40:00 +0000 https://fatihazemmouri.com/?p=350

Zone franche – Institut des Cultures d’Islam

ZONE FRANCHE
Exposition et Quartier général d’Africa2020
du 3 février au 1er août 2021

à l’Institut des Cultures d’Islam
19, rue Léon | 56, rue Stephenson – 75018 Paris

https://www.institut-cultures-islam.org

L’Institut des Cultures d’Islam présente, en partenariat avec Think Tanger et Doual’art, l’exposition « Zone Franche », organisée dans le cadre de la Saison Africa2020.

L’installation « Paper Borders » de Fatiha Zemmouri « soulignent le caractère arbitraire de l’outil cartographique, au service de visions du monde divergentes ».

Fatiha Zemmouri, MRAC Occitanie "Distance Ardente"

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Intra Muros – Comptoir des Mines Galerie https://fatihazemmouri.com/actus/intra-muros-comptoir-des-mines-galerie/?lang=fr Mon, 24 Feb 2020 13:18:00 +0000 https://fatihazemmouri.com/?p=360

Intra Muros – Comptoir des Mines Galerie

INTRA MUROS
Exposition individuelle
du 20 février au 07 mai 2020

à Comptoir des Mines Galerie
62 rue de Yougoslavie Marrakech

«Intra-muros» aborde une préoccupation grandissante de notre époque : l’édification, un peupartout sur la planète, de murs de séparation pour endiguer ou réguler les mouvements migratoires au lieu d’intervenir pour sauver et aider l’humain.
Fatiha Zemmouri, Intra Muros, 2020, Comptoir des Mines Galerie, Marrakech
Fatiha Zemmouri, Intra Muros, 2020, Comptoir des Mines Galerie, Marrakech

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Intra Muros https://fatihazemmouri.com/oeuvres/intra-muros/?lang=fr Sun, 26 Jan 2020 06:03:42 +0000 https://fatihazemmouri.com/?p=101

Intra Muros

Comptoir des Mines Galerie, Marrakech, 2020

Fatiha Zemmouri Intra Muros

Hicham Daoudi en dialogue avec Reda Zaireg

L’artiste aime en parler à sa façon, en inventant une géographie du sensible avec ses cartes pliées et jetées au sol, comme des brouillons préparatoires à l’exil qui tordent des destins et jettent continuellement sur les routes des êtres hagards et incertains.

Ces cartes contrastent avec les dessins à la feuille d’or de cités glorieuses qui exercent leur polarisation et leur pouvoir de commandement sur des populations entières : séduites et entraînées par des rêves de vie meilleure, elles abandonnent la précarité de leurs terres en quête d’une dignité refusée. L’artiste représente cette recherche de dignité en utilisant des cartes géographiques coloniales et des carnets de route imprimés sur différents supports, qui indiquent la marche de l’histoire, les injustices du passé et les divisions du présent. Cette utilisation de la cartographie coloniale rappelle l’une des fonctions premières de la géographie : classifier et hiérarchiser les terres selon leur prodigalité ou leur dèche, leurs splendeurs et leurs misères. Quand l’humain apparut dans la carte coloniale, ce fut pour l’affecter à des catégories préétablies, différenciées par des appartenances tribales ou des « genres de vie » (2) : l’humain n’était qu’une extension mouvante de la terre, d’elle il découlait et à elle il appartenait.

L’Afrique coloniale et la conférence de Berlin de 1885 sont évoquées,
 mais Fatiha Zemmouri préfère aborder le temps présent, où plus de 70 fortifications ont été érigées depuis la chute du mur de Berlin.

En parlant de la terre, Fatiha Zemmouri parle évidemment de l’humain, de sa phobie de l’étranger décrit comme indésirable, qu’exploitent des gouvernants pour régner sur les peurs et les consciences en assignant des groupes d’individus à des identités univoques et surveillées.

Intra-muros est un témoignage subtil et engagé de Fatiha Zemmouri, que nous sommes fiers d’accueillir et de présenter aux publics car nous partageons sa volonté de dénoncer les murs qui fragmentent notre communauté de destin. Il s’agit d’une valeur sacrée à laquelle nous adhérons. Aujourd’hui sanctifiés, intégrés au gospel patriotique de plusieurs pays, les murs, les clôtures et les frontières stratifient notre monde et remplissent des fonctions de filtrage et de « tri sélectif ». Elles subdivisent la planète en coupures.

Depuis Marrakech, à partir de ce grand événement artistique voulant mettre en avant l’intensité de la vie artistique du continent, nous continuons à militer contre ces barrières entre le Nord et le Sud qui déclassent les individus et les « valident » selon leur catégorie sociale, leur religion et leur culture.

« L’espace est un croisement de mobiles. Il est en quelque sorte animé par l’ensemble des mouvements qui s’y déploient. Est ‘’espace’’ l’e et produit par les opérations qui l’orientent, le circonstancient, le temporalisent et l’amènent à fonctionner en unité polyvalente de programmes conflictuels ou de proximités contractuelles ».

Michel de Certeau, L’invention du quotidien : Arts de faire.

Texte paru dans le catalogue de l’exposition,
Comptoir des Mines Galerie, Marrakech

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